Tunisie: encore beaucoup de candidats à l’immigration

Après la révolution, ils ont été des milliers à prendre la mer. La majorité était issue des quartiers populaires autour de Tunis. Les autres des régions marginalisées de l’intérieur du pays. Aujourd’hui, avec le retour d’une certaine stabilité, les départs ont nettement diminué.

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Mais l’approche sécuritaire n’a en rien amélioré les conditions de vie des jeunes Tunisiens. Pour beaucoup, l’avenir reste bouché. On assiste d’ailleurs à une vague de déscolarisation. 107 000 jeunes ont quitté le collège et le lycée, selon les dernières statistiques disponibles, rappelle Abderahmane Hedhili, président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux. « L’année scolaire 2012-2013, on a enregistré plus de 107 000 jeunes qui ont quitté volontairement, fait-il remarquer. Ce sont des jeunes issus de quartiers populaires, donc soit vous en avez qui ont le projet d’un immigrant clandestin, soit un projet d’argent et qui sera attiré par les salafistes, soit dans le commerce parallèle, la contrebande. »

Des jeunes vulnérables, prêts à tout pour échapper à l’avenir qui leur est promis. D’où la nécessité d’un développement économique de fond, explique cet interlocuteur qui craint que dans l’urgence, seule l’approche sécuritaire soit encore privilégiée.

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Qui sont les passeurs ?

Le principal responsable du naufrage qui a entraîné la mort présumée de 800 personnes dimanche est désormais connu. Selon le parquet de Catane en Sicile, il s’agit d’un Tunisien âgé de 27 ans, du nom de Mohamed Ali Malek. L’homme est accusé d’avoir provoqué le naufrage en surchargeant le navire et en se montrant incapable de le manœuvrer à l’approche du cargo venu le secourir.

Ces dernières années, le profil des passeurs a changé, explique Abderahmane Hedhili, président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, une association qui travaille sur la question des disparus tunisiens en mer. Les pêcheurs ont laissé place à des mafieux qui ne connaissent plus la mer :

« Les réseaux de passeurs ont changé même en Tunisie. Avant la révolution, c’était des pêcheurs qui connaissaient bien la mer et qui voulaient rentrer sains et saufs pour leur famille, explique-t-il. Mais après la révolution, ça a changé. Ce sont des mafieux qui touchent environ 1 000 dollars par personne. Ce ne sont plus des gens spécialistes, ce sont des gens qui ne connaissent pas bien la mer. Donc ce sont des gens qui s’en foutent pas mal de savoir comment on conduit un bateau. »

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A propos Amadou Bokoum

Entrepreneur| bloggeur| consultant en webmarketing| ce moment assistant DG a Macky BTP sarl|  Foundateur de la plate-forme pour Jeune entrepreneur "Savoir Entreprendre" et du Blog de contribution guinéen "Anadi-Guinee" | membre fondateur de l'ONG AGICOM | président du collectif Citoyen224.
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